J’ai 16 ans. Je vis chez mes parents et depuis quelques jours une tempête a trouvé refuge dans ma tête. Pas une petite tempête.
Pourtant, il y a encore quelques jours, je faisais des projets, j’allais chez mes chums et je refaisais le monde avec eux, en plus de parler des filles… ha les filles avec leurs longs cheveux, leurs parfums enivrants et leurs rires si légers. Il y en a bien une qui me fait rêver, mais je suis un timide et je n’ose pas foncer donc, j’en parle avec mes copains.
Mais aujourd’hui, rien, je ne sens plus rien, juste le bruit de la colère et de la rage qui m’habite. Il fait noir dans ma chambre et la musique joue à tue-tête. Ma mère a bien essayé de me faire baisser le volume mais j’ai aussitôt hurlé et claqué la porte violement, en lui criant de foutre le camp de chez-moi. Je l’ai entendu remonter les marches lourdement en sanglotant. J’ai moi aussi de la peine, mais je ne sais pas comment lui dire que la tornade qui s’abat sur moi me torture de plus en plus chaque jour. Je ne veux plus manger avec mes parents et je préfère rester seul dans ma chambre. Mes amis ont téléphoné pour prendre de mes nouvelles mais je n’ai pas voulu leur répondre. Je ne veux ni les voir, ni les entendre.
L’école… parlons-en de l’école! Y’ont appelé mes parents pour leur dire que je n’étais pas aux cours aujourd’hui. Y’en a même qui disent s’inquiéter de ma santé mentale! De quel droit pensent-ils que je suis fou!!! J’file juste pas trop en ce moment. Ça arrive à tout le monde. De toute façon, j’pense que je vais arrêter d’aller à l’école. Ça ne m’apporte plus rien d’écouter des profs qui pensent juste à me faire enfermer. J’vais leur prouver que je peux réussir tout seul pis que c’est pas un secondaire qui va faire que je vais avoir un meilleur job. Pis j’pense bien foutre le camp tout seul loin, très loin de toute cette vie.
Ma mère est redescendue dans ma chambre aujourd’hui et sans faire un bruit elle s’est assise sur mon lit. Au début, je ne l’ai pas regardé, puis tout doucement, elle a commencé à me flatter le dos comme elle faisait quand j’étais petit et que j’avais de la peine. Pas une parole n’est sortie de sa bouche, juste quelques larmes sur ses joues. Ses belles joues rondes, comme celles des filles qui me font rêver… j’ai lutté encore un peu et puis je me suis réfugié dans ses bras. J’ai sangloté quelques minutes et finalement elle est sortie de ma chambre. Sans un mot, juste un petit sourire triste au coin des lèvres. J’ai fermé les yeux un instant et sur mon lit un petit bout de papier froissé reposait là ou précédemment ma mère se tenait. Quelques lignes qui me disait combien elle et papa m’aimaient et qu’ils s’inquiétaient beaucoup pour moi. Que leur porte restait ouverte et que parfois si la tempête dans ma tête me donnait du répit je pouvais venir les voir. Pour discuter ou trouver de l’aide.
Cela fait maintenant deux ans que ma tempête s’est calmée. Le docteur à parlé de bipolarité. Nous avons pleuré mes parents et moi, enfin j’ai pu donner un nom à ma tempête. Aujourd’hui je vais bien.
Il existe des ressources disponibles pour aider les parents et les jeunes sur le territoire maskoutain. N’hésitez pas à les consulter pour obtenir de l’aide :
· Votre médecin de famille
· L’élandemain
Carine Leinenweber, Conseillère en développement professionnel
EC, professionnels en développement de carrière
1305-4, rue des Cascades
Saint-Hyacinthel (Québec) J2S 3H3
450 771-4500
