Faire sa place en tant que personne immigrante

Ce n’est pas un secret : décrocher un premier emploi au Québec, c’est tout un défi.

Mais pourquoi?

 

Bon, je ne suis pas dans la tête des employeurs, mais je peux m’imaginer leurs réticences. D’abord parce que je travaille avec cette réalité chaque semaine avec mes clients, mais aussi en pensant à la Kim d’avant, celle qui ne connaissait rien de l’immigration ni de la réalité en dehors de ma p’tite région de la Montérégie.

 

Partons du principe suivant : on ne connaît rien.

On ne sait pas ce que votre diplôme signifie ni ce que votre poste implique comme tâches en comparaison à ce qu’on connaît ici. Est-ce qu’un technicien en informatique de Douala fait la même chose qu’un technicien à Sainte-Cécile-de-Milton? On n’en a aucune idée.

 

Devant ce flou, beaucoup d’employeurs préfèrent passer leur tour. Parce que flou = insécurité = peur = non. Quand les candidatures affluent et qu’ils ont l’embarras du choix, ils ne prennent pas le temps de deviner ou de chercher ce que fait un adjoint administratif à Bogota.

 

La peur de l’inconnu, c’est humain, mais c’est aussi un frein pour vous, les immigrants qui arrivent et qui souhaitent bâtir leur vie ici.

Mais soyez-en certain, ce frein-là on peut apprendre à le contourner.

 

Étape 1 : Traduire son diplôme et son parcours

Un diplôme étranger, aussi impressionnant soit-il, veut rarement dire quelque chose pour un employeur québécois. Il faut le rendre lisible.

 

  • Combien d’années d’études?
  • Est-ce général ou spécialisé?
  • Quelles compétences concrètes avez-vous développées?
  • Vers quels types de postes ça mène?
  • Quel est l’équivalent approximatif québécois?

 

L’idée, c’est de permettre à l’employeur de comprendre ce que vous avez appris.

 

Étape 2 : Miser sur les compétences, pas seulement sur les noms de postes.

 

L’employeur ne cherchera pas, c’est à vous d’expliquer. Évitez de vous limiter à dire où vous avez travaillé. Ce n’est pas suffisant pour qu’un employeur comprenne ce que vous savez faire.

 

  • Quelles tâches avez-vous accomplies, concrètement?
  • Quels outils, logiciels ou méthodes avez-vous utilisés?

 

Et surtout : appuyez toujours vos réponses avec des exemples précis. Ce genre de détail permet non seulement à l’employeur de comprendre ce que vous pourriez faire, mais aussi d’éliminer, du moins un peu, les préjugés qu’il pourrait  avoir sur votre pays d’origine.

 

Étape 3 : Miser sur ses qualités et ses valeurs.

Chaque entreprise a sa propre vision des qualités humaines et des valeurs qu’elle recherche chez ses employés. Des gens fiables, respectueux, flexibles, minutieux, engagés… Ce que vous devez faire, c’est montrer que vous avez réfléchi à ce que l’entreprise valorise et que vous pouvez vous y reconnaître.

 

Presque toutes les entreprises ont une section « Valeurs », « Mission » ou « À propos » sur leur site Internet. Lisez-les attentivement. Si l’employeur parle d’esprit d’équipe, de rigueur et de bienveillance, ce sont probablement les qualités qu’il veut retrouver chez ses futurs employés.

 

Utilisez aussi votre « gros bon sens », votre logique. Un enseignant et un préposé à l’entretien ménager ne doivent pas forcément avoir les mêmes qualités. C’est à vous de choisir les bonnes, selon le poste visé, et de les illustrer avec des exemples concrets.

 

Étape 4 : Allez vers l’autre

 

Maintenant, il reste l’étape la plus importante : aller vers l’employeur.

Laissez un peu tomber les sites de recherche d’emploi et allez vers l’humain. Appelez ou déplacez-vous, c’est important de parler à quelqu’un pour être plus qu’un nom dans une pile de 100 CV.

 

Faire sa place en tant que personne immigrante demande des efforts et de la persévérance.

Vous avez ce qu’il faut. Avec les bons trucs, vous arriverez à le montrer.

 

 

Kim Phaneuf

Conseillère en développement professionnel

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