Fais ce que je dis et pas ce que je fais

« T’es conseillère en emploi, tu dois être super bonne en entrevue ! »
Ouais… non.

Cordonnier mal chaussé, me direz-vous. Mais c’est la réalité.

 

Bien que je passe une bonne partie de mes journées à expliquer à des clients comment se présenter en entrevue, moi, je suis comme un chevreuil sur le bord de l’autoroute. Je reste les deux yeux bien fixés vers la voiture qui vient m’écraser.

 

Disons que mes entrevues n’ont jamais manqué de moments cocasses. Une fois, l’employeur me demande : « à quoi ça ressemble l’école ? » il voulait savoir mon horaire, évidemment. Mais moi, nerveuse, j’ai simplement répondu : « Ça va bien. » On s’est regardés quelques secondes et j’ai réalisé à retardement que je venais de passer à côté de la question. Bref, pas ma meilleure performance.

 

Honnêtement, je n’ai jamais vraiment été à l’aise en entrevue. Je remercie sincèrement mes employeurs de m’avoir donné ma chance malgré le désastre. Parce que oui, c’était un désastre. Je vous le confesse : à DEUX reprises, ce sont des employeurs qui m’ont coachée… DURANT la rencontre. Deux fois!

 

Imaginez la scène : vous êtes censée convaincre quelqu’un de vous embaucher… et en plus, le poste consiste à aider les gens à décrocher un emploi, et pourtant, c’est lui qui finit par vous expliquer comment mieux répondre à ses propres questions. C’est gênant. Très gênant.

 

Je n’ai pas eu le choix de l’accuser : « Je sais, ce n’est pas ma force, les entrevues… mais je suis super bonne pour expliquer aux autres comment faire par contre ! ». J’ai choisi de rire de moi plutôt que d’essayer d’avoir l’air impeccable et finalement, la sincérité et l’autodérision, c’est ce qu’ils ont aimé.

 

L’entrevue, c’est un drôle de moment. On doit se vendre sans se vanter. On doit rester naturel, tout en restant professionnel. On doit être authentique, mais calculer chaque mot pour bien s’exprimer. Bref, on doit être parfait, sans avoir l’air parfait. Facile, non ?

 

On se met une énorme pression, mais les employeurs ne cherchent pas des robots, ils veulent des humains compétents, capables de s’améliorer et même parfois capables de rire d’eux-mêmes. Les maladresses font partie du charme. Un rire nerveux, une anecdote mal racontée ou une petite hésitation peut rendre la rencontre plus humaine. Le but d’une entrevue, c’est oui de vérifier si vous êtes qualifié, mais c’est surtout de savoir si vous cadrez avec la personnalité de l’équipe. Autour de la table, il y a simplement deux personnes, assises ensemble, qui discutent pour découvrir s’il peut y avoir une relation durable entre elles.

 

Sur le coup, disons que je n’étais pas très fière de mes entrevues, mais avec le recul, ça me fait sourire. Je me dis que si des employeurs m’ont engagée malgré mes cafouillages, c’est qu’ils ont vu autre chose comme ma motivation, mon authenticité et ma volonté d’apprendre.

 

Aujourd’hui, je forme des gens à se présenter sous leur meilleur jour et chaque fois qu’on fait des simulations d’entrevues, je me rappelle mes propres expériences et je me dis que si moi j’ai réussi à m’en sortir, tout le monde peut le faire.

 

 

Kim Phaneuf

Conseillère en développement professionnel

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