Trouver un premier emploi au Québec peut être à la fois stimulant et intimidant. Contribuer dans un nouveau pays constitue une porte d’entrée vers l’intégration et une occasion précieuse de démontrer ses compétences. Toutefois, ce parcours peut aussi être exigeant et parfois déroutant, donnant l’impression d’un véritable défi à surmonter.
Changer de pays n’est jamais simple. Cela implique de s’adapter à une nouvelle culture, à des normes différentes et à une autre manière de travailler. S’intégrer et performer devient essentiel pour construire une carrière durable. Une question se pose naturellement : comment fonctionne le travail au Québec et en quoi diffère-t-il de nos pays d’origine?
D’après mon expérience, les processus de formation ne sont pas toujours adaptés à tous. On tient parfois pour acquis des éléments qui ne le sont pas, particulièrement pour les personnes issues de l’immigration. Il peut être difficile de comprendre ce qui est « normal » ou de saisir les bonnes procédures à suivre.
Durant l’intégration, on observe souvent de l’empathie et de la curiosité chez les collègues, avec lesquels on finit par partager beaucoup de temps. Créer des liens authentiques facilite l’apprentissage et l’adaptation. Des initiatives comme le mentorat ou le jumelage interculturel peuvent faire une réelle différence dans ce parcours.
La langue constitue un autre défi important. Pour ceux et celles qui ne la maîtrisent pas pleinement, la compréhension peut représenter un obstacle constant. Même après un parcours de francisation et malgré un attachement à la langue française, notre cerveau continue souvent de fonctionner dans notre langue maternelle, et la traduction ne rend pas toujours le même sens.
Malheureusement, il arrive encore que l’on associe une maîtrise limitée de la langue à un manque de compétences. Pire encore, certaines personnes croient que parler plus fort ou crier facilite la communication. Ces pratiques, bien que fréquentes, démontrent un besoin de sensibilisation. De plus, penser que nos propres façons de faire sont les seules valables limite notre capacité à comprendre d’autres réalités. Associer l’origine ou la couleur de peau à une prétendue résistance physique ou à une tolérance accrue aux conditions difficiles, est également très éloigné de la réalité.
Face à ces constats, comment améliorer l’expérience du premier emploi pour les personnes immigrantes?
En tant que nouveaux arrivants, nous avons la responsabilité de nous intégrer : écouter, poser des questions, respecter les consignes et démontrer nos compétences par l’action. J’ai aussi compris que les chocs culturels et générationnels peuvent créer des difficultés autant pour les personnes immigrantes que pour les organisations. Lorsque les programmes d’accueil restent théoriques, ils risquent de favoriser l’isolement plutôt que l’inclusion.
À l’inverse, des programmes d’intégration bien structurés et des équipes multiculturelles ont des effets profondément positifs. Ils favorisent le développement des compétences, améliorent les pratiques de travail et augmentent la productivité, tout en créant des équipes diversifiées qui contribuent à la croissance de l’entreprise.
Il est essentiel de reconnaître que chacun peut apprendre. Une formation de qualité permet de devenir un employé compétent et engagé. Les entreprises qui valorisent la diversité doivent encourager le dialogue et une communication ouverte, car chaque individu est unique et les généralisations limitent le potentiel collectif.
En tant que personne immigrante, je peux affirmer que nous sommes ici pour construire une vie, travailler et trouver notre place dans la société québécoise.
Notre objectif est de démontrer la valeur de nos compétences et de rendre la confiance reçue. Nos faiblesses deviennent des occasions d’apprentissage. Lorsqu’on est accueilli, valorisé et écouté, un véritable sentiment d’appartenance se développe.
Les équipes multiculturelles ne se limitent pas à améliorer les organisations : elles enrichissent profondément les personnes qui les composent.
Je souhaite exprimer ma gratitude envers ceux et celles qui m’ont accompagnée dans ce parcours et qui ont cru en moi. Je remercie également Espace carrière et son équipe de conseillers et conseillères pour leur rôle essentiel auprès de personnes comme moi, en les aidant à surmonter les défis du premier emploi au Québec.
Ce parcours m’a permis de mieux comprendre le milieu de travail québécois et de renforcer ma capacité d’adaptation dans un contexte multiculturel profondément enrichissant.
Carolina Aponte
Conseillère en développement professionnel
1305-4, rue des Cascades, Saint-Hyacinthe (Québec) J2S 3H3












