Il y a des moments où l’on se regarde aller et qu’on est donc bien, au chaud, dans notre salon. Assis. À écouter. À observer. À réfléchir. À analyser. À ne pas se mouiller.
C’est confortable, cette position-là. On laisse les autres parler, on observe le monde tourner.
On n’est pas mal en point, avouons-le, c’est un peu beige.
Puis, un jour, quelque chose change.
On sent un besoin d’ajuster le fauteuil. De se lever un peu.
De passer de spectateur à acteur. De l’écoute à l’expression. De la prudence à l’initiative. Tu vois?
De prendre un risque…
Pas un saut en parachute (quoi que pourquoi pas?).
Parce que… rester dans une situation connue, c’est sécurisant
On peut passer des années à attendre « le bon moment ». À accumuler de l’information, à consulter ses proches, son conseiller d’orientation, à observer les autres foncer pendant que l’on construit (ou déconstruit) nos plans dans notre tête. C’est rassurant et confortable, au fond. Comme ça, on ne fait pas d’erreur, on n’essuie pas d’échec.
Mais parfois, à force de rester dans cette position connue, on peut finir par se perdre un peu.
Et un jour, on entend une petite voix à l’intérieur qui chuchote : « Et moi, dans tout ça? »
Faire un changement, c’est un risque certain
Quand je parle de « prendre un risque », je ne parle pas nécessairement de tout chambouler d’un coup. Je parle de ces petits gestes qui n’ont l’air de rien, mais qui ont le pouvoir de nous diriger vers nos objectifs. Par exemple :
- Dire ce qu’on pense à voix haute, s’affirmer.
- Lever la main dans une réunion au travail ou en classe.
- Nommer une idée qu’on garde en nous depuis trop longtemps.
- Postuler pour un emploi qui nous fait vibrer même si ça nous intimide.
- S’inscrire à une formation qui nous attire, sans savoir encore où ça nous mènera.
Ce sont des mini risques, mais ils ont un pouvoir immense : ils nous reconnectent à notre pouvoir d’agir.
Le fameux « vert »
Je vois souvent, dans mon bureau, des personnes brillantes, sensibles, remplies d’idées. Mais bloquées par la peur de mal faire, de déranger, d’échouer, de ne pas être « assez ». Elles attendent un moment idéal, une certitude absolue, un signal venant de l’univers pour prendre leur envol.
Cependant, ce fameux « feu vert », c’est toi qui dois le déclencher, parce qu’en réalité, il n’y aura peut-être jamais de moment parfait. Et parfois, la simple action de passer de ce qu’on connaît déjà à la nouveauté change tout! Même maladroite, même incomplète, ton ambition mérite d’exister. Ta place n’est pas juste dans l’ombre de l’analyse et dans le confort du connu : elle est aussi dans le mouvement vers autre chose.
Goûter au risque, à petite dose
On n’est pas obligé de tout bouleverser. Mais on peut tester un peu, faire un pas en avant, expérimenter quelque chose. Un petit risque à la fois. Un pas vers ce qui nous fait envie. Pour les plus prudents, un simple 5 % de changements dans sa vie, c’est bien suffisant!
Juste pour se sentir un peu « bad ass », peut-être?
Et avec chaque micro risque, ta confiance grandira de plus en plus.
Et ce qui te semblait impossible… devient simplement la prochaine étape à franchir.
Alors si tu sens cette envie de sortir de la salle d’attente, de la « beige-itude » sache que tu en as le droit. Tu n’as pas besoin d’avoir toutes les réponses tout de suite pour te mettre en action. Tu as juste besoin d’avoir assez de courage pour écouter ce qui veut évoluer…
Et qui sait? Peut-être qu’un jour, tu te retourneras et tu réaliseras :
Ce petit coup de pied, c’est lui qui a tout débloqué!
Guylaine Hardy
Conseillère d’orientation, Membre de l’OCCOQ












